Dans la région entremontante, des sources documentaires locales
permettent de constater qu’à partir du XVIème siècle les communautés
s’occupent de près de la fonction du curé de leur paroisse. Cette
attitude se manifeste notamment à travers les « capitulations »,
contrats dans lesquels diverses conditions sont posées par les
communautés locales à leur futur curé sous forme d’articles successifs (capitula).
Il s’agit d’exigences matérielles, concernant la gestion des frais
d’entretien des biens paroissiaux et des revenus liés à la fonction
curiale, mais aussi de demandes relatives à l’organisation des services
liturgiques et aux traditions en place dans la communauté, que celle-ci
tient à perpétuer. On observe ainsi une certaine mainmise des
communautés sur le rôle du curé. L’émergence d’une conscience
communautaire va de pair avec un souci de réglementer la vie
religieuse. D’une manière générale, entre la fin du Moyen Age et le
début de l’époque moderne, les communautés voient la palette de leurs
responsabilités s’élargir : chemins, ouvrages hydrauliques,
approvisionnement en eau, édifices religieux, compétences
juridictionnelles. En matière de religion, les desservants paroissiaux
doivent, à partir du tournant du XVème et du XVIème siècle, composer
avec les communautés locales. C’est l’un des grands domaines dans
lequel l’impact des communautés se fait sentir de manière croissante.
Dans mon étude, j’essaierai de montrer que les communautés laïques
s’ingèrent de plus en plus dans les affaires qui touchent à la vie
religieuse de la paroisse, en examinant la répartition des
responsabilités cultuelles entre clergé et fidèles, puis je discuterai
des causes de l’émergence des capitulations en Entremont à cette
période.