Ce travail part d’une interrogation sur les causes qui ont rendu
impossible, en Valais, l’adoption de la solution des communes
ecclésiastiques, comme le font apparaître les débats du législatif qui
s’étendent sur près d’un demi-siècle. Si le parlement, puis le peuple,
en 1972 et 1974, approuvent bel et bien un article constitutionnel à ce
sujet, force est d’admettre, pour ses initiateurs, l’impossibilité
d’adopter une loi d’application à même de le rende efficient. Cette
impasse engendre, en 1990-1992, la modification de l’article
constitutionnel, ainsi que le maintien d’une solution traditionnelle de
soutien communal aux paroisses, avec possibilité de prélèvement d’un
impôt sur le plan local et à certaines conditions.
Au cours de ce
long cheminement, l’autorité cantonale a souci d’adapter au mieux des
formes constitutionnelles ou législatives aux réalités modernes du
Valais. Nous survolerons ainsi, par le biais du dossier “Eglises-Etat”,
quelques unes des grandes questions soulevées par les changements
structurels qui remodèlent l’espace valaisan : les escarmouches
intéressantes, sur le plan des idées, qui ont lieu, avant 1973, sur la
distinction entre la liberté de conscience et la liberté religieuse ;
la reconnaissance de l’Eglise réformée évangélique et sa mise à égalité
avec l’Eglise catholique romaine, qui constitue l’objet principal de la
réforme de 1972-74 (elle n’est pas remise en cause en 1990-92) ; la
gestion communale des biens ecclésiastiques, ainsi que le prélèvement
éventuel d’un impôt ecclésiastique, qui conduisent au blocage de
1974-1990 …