Dès le début du XXème siècle, tous les cantons suisses ont connu une
évolution du pourcentage de population travaillant dans chaque secteur
de l’économie. Après la Première Guerre Mondiale en effet, les
personnes se sont peu à peu tournées vers le secondaire ou le
tertiaire. Mais en Valais, un phénomène particulier s’est produit :
alors que, durant tout le siècle, l’importance du secondaire et du
tertiaire augmentait, les Valaisans ont gardé leurs terres,
n’abandonnant pas leurs activités agricoles, malgré un salaire fixe
gagné dans le secondaire ou le tertiaire.
Comme cette
double-activité a très peu été étudiée, des choix ont dû être faits. Le
premier a été de se limiter à la région de Sierre, et plus précisément
à l’usine qui a modernisé la région : Alusuisse. La recherche s’est
focalisée sur quatre villages (Chalais, Miège, Ayent et Savièse) dont
une grande partie de la population travaillait à l’usine. Ensuite, il a
fallu définir une périodisation. La recherche s’est concentrée entre
les années 1930 et 1980. Enfin, le dernier choix a été de se limiter
aux ouvriers-vignerons, et non d’étudier tous les ouvriers-paysans.
La principale source a été le registre du personnel d’Alusuisse qui m’a
fourni les noms des ouvriers des quatre villages qui ont travaillé plus
de vingt ans à l’usine. Une recherche dans les cadastres de ces
communes m’a permis de connaître l’évolution des possessions viticoles
de ces personnes. Enfin, j’ai pu connaître leurs motivations grâce à
une quinzaine d’entretiens avec d’anciens ouvriers-vignerons.
La présentation exposera donc l’évolution de cette double-activité
entre 1930 et 1980, notamment en distinguant les différentes catégories
d’ouvriers-vignerons, mais également en montrant les points communs de
ces hommes durant tout le siècle.